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Biographie

 

 

Née en 1946 à Bordeaux, département de la Gironde, elle descend de forestiers du Béarn, de vignerons du Médoc et d’une paysanne valaisanne, annexée à la famille par un détour romanesque de la Grande guerre.

Sa naissance dans un quartier ouvrier des Chartrons, rues basses d’échoppes, le paysage d’estuaire de la Gironde, ses vases et ses îles, son horizon atlantique ; la machine à coudre Singer de sa mère et l’appareil photo de son père, un Voigtländer à soufflet, sont les principaux motifs autobiographiques de son oeuvre.

Marquée par l’héritage de la mémoire familiale, que traversent les deux guerres mondiales, son origine lui inspire un sentiment de rupture intime, qu’elle traduit par les figures de l’absence et du crime, où dominent les fantômes d’un passé qui ne passe pas. Souvent présentes dans ses romans, les images de la photographie et du cinéma, et celles de la peinture liées à celles du langage littéraire, y désignent, derrière les illusions du visible, la réalité des formes imaginaires qui voisinent au quotidien; d’ailleurs, elle a longtemps écrit dans sa cuisine, qui constitue à ses yeux un petit laboratoire existentiel. Couture, cuisine, écriture sont des activités analogues, pour peu qu’on chausse ses lunettes et affûte ses petits couteaux..

Elle revendique la fiction comme représentation vraie, elle incline à penser que la littérature n’a pas de sexe mais un genre (très humain) et qu’elle est plus que jamais un art de l’inquiétude, propre à la connaissance de soi et du monde. Son style emprunte autant au registre de la poésie que du réalisme, pour être grave son ton n’est pas exempt d’un certain humour, dont elle craint qu’il soit peu manifeste, mais elle ne désespère pas.
Elle milite en divers lieux pour la lecture des oeuvres littéraires, convaincue que le capital imaginaire est un bien sans pareil, et sa transmission une question politique. Ayant tenté une fois une année sabbatique pour se consacrer exclusivement à écrire, cette expérience stérile l’a convaincue qu’écrire est un rapt, non un état ou un métier..

Elle en a conclu que les acrobaties mentales pour rendre compatibles profession, enfants et passions amoureuses lui étaient un exercice salubre. Par ailleurs, elle aime planter des arbres, les nuages, marcher, le vin, le chocolat, peindre (les murs des maisons) et exagérer..

Cette citation lui semble assez bien définir son activité d’écrivain : …de toute évidence ce devait être quelque chose de très simple la chose la plus simple et la plus impossible du monde; comme le serait par exemple la description de la forme exacte d’un nuage. (Joseph Conrad, Lord Jim).


Prix littéraires :

Les Mal famées, Prix Marguerite-Audoux, 2001.
Istvan arrive par le train du soir, Prix Thyde Monnier, 1999.
Aden, Prix Fémina, Prix Renaudot Lycéens, 1992.
Chambre noire, Prix Alain-Fournier, 1991.
L’Insomniaque, Prix François-Mauriac, 1988.


Participation à des prix : 

Membre du Jury du Prix Femina.
Membre du prix Marguerite Audoux.
Membre du jury du Prix Laure-Bataillon.


Divers : 
Ex-Présidente de la maison des écrivains et de la littérature.
A enseigné littérature et cinéma en lycées ; agrégée de lettres modernes, DEA de cinéma.

« L’autre face du monde : à propos d’Anne-Marie Garat », Carole Allamand.

in Womem in French Sudies 18 (2010): 83-100.
Interview vidéo sur le site auteur.tv.