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Romans et essais

La Source

Roman,
Parution 19 août 2015, Actes-Sud
380 pages

Venue au Mauduit, petit village de Franche-Comté, au motif officiel d’obtenir de la mairie l’autorisation, pour ses étudiants en sociologie, de consulter les archives communales de cette si banale petite bourgade française, la narratrice, hantée par la sombre énigme de son propre passé familial, ignore qu’elle va y faire une rencontre décisive en la personne de Lottie, solide et intimidante nonagénaire, désormais seule occupante de la vaste demeure des Ardenne, construction aussi baroque qu’extravagante édifiée sur des terres de mauvaise assise dans un méandre de la rivière qui coule en contrebas du bourg.
Soir après soir, la vieille dame qui, faute d’hôtel au village, accepte de loger la visiteuse, dévide pour elle l’histoire du domaine où elle est entrée comme bonne d’enfant à l’orée du xxe siècle. Mais faut-il la croire sur parole, elle qui dit n’être que la récitante des fantômes qui ont jadis habité ces murs, ou sont partis vers l’Afrique, le Tonkin ou les forêts du Yukon ? Et que faire du récit de cette conteuse acharnée qui, sans avoir jamais quitté sa campagne, rêve peut-être à haute voix quelque exotique roman de la filiation dont elle contraint la narratrice à devenir la dépositaire ?
Où les histoires prennent-elles source et où vont-elles une fois racontées ? La narratrice, écoutant la vieille Lottie, devine-t-elle en quoi celle-ci va éclairer son propre destin ?
Car les récits ni les contes ne sont d’inoffensives machines et leurs puissants sortilèges s’entendent à recomposer jusqu’à la matière même du temps.


Amours de loin, Images

Actes-Sud Babel
Septembre 2015

Trois textes courts en forme de dialogue L’Amour de loin, Image (1998), La rotonde, Panorama (2004) et Hongrie, Blason (2009) parus dans la collection « Un endroit où aller » sont réunis dans ce volume.


La première fois

Roman,
novembre 2013, Actes-Sud

Collection « Essences », 56 pages.

Premières lignes :
A l’automne de cette année-là, je me suis résolue à passer une nuit chez ma mère, la dernière me disais-je, dans cette maison où elle a été enfant, qu’elle a hérité de son père, lui-même la tenant de son père et celui-ci de son propre père qui la bâtit de ses mains en 1873 pour lui et ses fils au lieu-dit Les Calinottes, un peu à l’écart du village dans cette campagne du Médoc parmi les vignes. A la mort de grand-père, mes parents qui venaient de prendre leur retraite s’y sont établis, ils y ont vécu durant quinze ans, puis ma mère une fois devenue veuve y est restée seule quinze encore avant de se retirer dans un établissement pour personnes âgées et, les frais excédant ses revenus, de décider de s’en séparer, mettant ainsi fin à cent quarante ans de succession familiale


Programme sensible

Extraits de presse, pariscilaculture.fr
Mai 2013

Le survivant
Très à l’aise pour remonter le cours du 20ème siècle dans une trilogie remarquée, Anne-Marie Garat sonde ici le monde d’aujourd’hui tel qu’il ronge les êtres. Saturé d’images et de mots, Programme sensible impressionne par sa maîtrise et son questionnement.Alexandre Fillon, Livre-Hebdo, février 2013


Programme sensible

Roman, 4 février 2013,
Editions Actes-Sud,
254 pages

Quel est ce Document, soudain ouvert plein écran sur un chemin enneigé de forêt nordique ? Que trafique cet individu seul dans son deux-pièces en banlieue populaire loin du métro et du RER, ignoré du GPS et des cartes de Google Earth, est-il un homme augmenté ? Dès que je tente de le géolocaliser par capteur au laser et à 360 degrés, les pixels de mon écran se brouillent. D’ailleurs, il me tourne le dos. Assis devant son ordinateur comme moi devant le mien. On dirait que ça se sent le mazout


Anon, photographies anonymes

Introduction d’Anne-Marie Garat
Octobre 2012,
Editions Photo-Poche-Actes-Sud,
108 photographies en noir et blanc reproduites en duotone

Il –elle ? – est probablement le photographe le plus prolifique de toute l’histoire de la photographie. Son œuvre court sur plus de cent-soixante-dix années, balayant tous les champs, toutes les écoles, toutes les tendances. Sa production, au recensement strictement impossible, est quantitativement vertigineuse, presque infinie : sorte de soldat inconnu de la photographie, Anon. n’a pas de nationalité ni d’âge. Il incarne des centaines de milliers d’anonymes qui se sont livrés ou se livrent à la passion de la photographie, car Anon., et c’est là sa caractéristique première et remarquable, n’a pas d’identité connue


Photos de familles, un roman de l’album

Essai
11 mai 2011
Editions Actes-Sud,
216 pages, 48 illustrations quadri

Convoquant l’origine, la filiation, l’appartenance et l’identité, la photo de famille établit un des liens les plus intenses à l’histoire privée et collective ; l’album de famille, sous ses allures de banal compte rendu de la vie ordinaire, cèle un récit violent d’amour et de mort. À travers l’exploration d’une quarantaine de photos d’anonymes, Anne-Marie Garat dévoile son rapport d’écrivain à ce genre populaire longtemps dévalué, et nous conte l’histoire de nos chambres noires, où s’écrit le roman familial


Pense à demain

Trilogie “ Une traversée du siècle ”

Roman
Avril 2010,
Editions Actes-Sud,
720 pages

En ce 15 août 1963, jour férié Paris désert, Christine Lewenthal tra&icir;ne au jardin du Luxembourg; Antoine, un jeune projectionniste de ciné-club de banlieue, fonce en 2 CV sur les routes d’Ile-de-France vers la ferme de ses parents, au-dessus de laquelle se dresse la demeure ancestrale du Mesnil, une ruine perdue dans les ronces que visite à l’instant Alex, jeune historien affligé de strabisme et spécialiste des ostraca, qui a sauvé des flammes un document bouleversant. Au même moment, une étudiante allemande débarque à Paris, une autre jeune fille prépare son mariage et un pianiste de Kinvara, petit port d’Irlande, donne un concert à Prague…


La Diagonale

Roman
Août 2009,
Atelier In-8, Coffret « Travelling »,
32 pages

Il y a des matins où traverser le square par une allée inusitée, croiser un inconnu, mène plus loin qu’on ne croit…


Hongrie

Blason
Fév 2009, Ed Actes-Sud,
Collection un endroit où aller, dirigée par Hubert Nyssen,
52 pages

Dernier volume d’une trilogie sur l’imaginaire, après L’Amour de loin et La Rotonde. Montepulciano, au cœur de l’Italie, petit matin d’orage parmi les vignes. Deux amis sur le point de se quitter font une dernière promenade, jusqu’à l’arbre, là-bas… L’un pose à l’écrivain une question apparemment anodine : pourquoi dans ses livres est-il tant question de la Hongrie ? Sous forme de conversation, la réponse intime se cherche au fond des puits, parmi les cailloux, les nuages, les œuvres, parmi les livres et les images qui composent le blason d’un imaginaire.


L’enfant des ténèbres

Roman, Trilogie « Une traversée du siècle »
Avril 2008, Editions Actes Sud,
700 pages

Depuis Dans la main du diable, vingt ans ont passé : la grande guerre a bouleversé le monde, laissant derrière elle des sociétés en crise et, en chacun, d’innombrables blessures intimes. Monte à l’horizon un crépuscule tragique dont peu anticipent les menaces…

En cet été 1933, Camille Galay la petite Millie de Dans la main du diable, débarque de New York, où elle a grandi. Elle erre dans Paris, la ville de son enfance, hantée par la mort de son ami Jos, un photographe hongrois, avec qui elle a arpenté l’Alabama en ruines de la Grande Dépression et à qui elle a promis de rapporter à Budapest un certain étui de cuir rouge…


On ne peut pas continuer comme ça

Roman
Juin 2006, Atelier In-8,
34 pages

Perdue loin de tout, enfouie sous les fougères de la forêt de pins, une station-essence est à vendre Peut-être cela vaut-il de descendre de sa voiture, mais deux pas hors de la route mènent très vite au cauchemar


Dans la main du diable

Trilogie “ Une traversée du siècle ”
roman
Avril 2006, Editions Actes-Sud, 906 pages.
France-Loisirs, 2006
Babel 840, 2007

Traductions :
Italie, Edition Il Sagittario, Milan, 2009
Espagne, Edition Belacqva, Barcelone, 2008
Grèce, Editions Polis, Athènes 2008

 

Automne 1913. A Paris et ailleurs – de Budapest à la Birmanie, en passant par Venise -, une jeune femme intrépide, Gabrielle Demachy, mène une périlleuse enquête d’amour, munie pour tout indice, d’un sulfureux cahier hongrois recelant tous les poisons, des secrets du cœur au secret défense. Habitée par les passions, les complots, le crime, l’espionnage, et par toutes les aventures qu’en ce début du XXe siècle vivent simultanément la science, le cinéma ou l’industrie, l’ample fresque croise destinées sentimentales et histoire d’une société dont la modernité est en train de bouleverser les repères. En 1913, Gabrille Demachy s’avance, lumineuse et ardente, dans les rues de Paris, sur les chemins du Mesnil ; entre l’envol et la chute, des couloirs d’ombre à l’insurrection vénitienne, entre traquenards et mensonges, elle tient la main d’une petite fille dont l’histoire est la sienne…Esta novela rebosante de historias capaces de devolvernos a nuestra infancia lectora tiene, si duda, un lugar entre los grandes relatos cuyos protagonistas encienden con sus pasiones las de los propios lectores y quedan grabados en las intimas memorias de nuestro imaginario. Con esta historia sin freno que multiplica los personajes y las intrigas, Anne-marie Garat es capaz de hablarnos de nosotros mismos y de hoy con una calidez desconcertante


Une faim de loup

Lecture du Petit chaperon rouge
Nov 2004, Ed Actes-Sud,
Collection Un endroit où aller, dirigée par Hubert Nyssen,
233 pages

Paradoxal, comme tout objet d’art, Le Petit Chaperon rouge de Charles Perrault se présente dans son évidence obscure, parlant à personne et à chacun, hors des contingences temporelles. Le dialogue intime qu’est la vraie lecture n’en finit pas de révéler le secret universel et singulier qu’il recèle, dans son opacité transparente, en lequel réside sa souveraineté d’œuvre littéraire.


La Rotonde

Panorama
Fév 2004, Ed Actes-Sud,
Collection Un endroit où aller, dirigée par Hubert Nyssen,
59 pages

A la loupe, à la jumelle, embrassant le détail et le tout du panorama de bord de mer, la vue distingue les signes d’une histoire en cours, dans la brièveté de l’instant photographique, ou à la vitesse d’une balle de fusil traversant l’espace, tandis que naît la narratrice, que meurt un intrépide escaladeur de falaise, tandis que le soleil se lève et que court le limaçon, qu’une femme ouvre son ombrelle, que disparaît la buée d’un bol, se coordonnent les motifs d’un roman ou les bribes d’une fresque picturale en trompe-l’œil.


Nous nous connaissons déjà

Roman
Août 2003,
Ed Actes-Sud,
Collection un endroit où aller, dirigée par Hubert Nyssen,
338 pages
Babel 741, avril 2006

Le hasard d’une promenade nocturne en forêt landaise met la narratrice, experte en photos anciennes, en présence de Laura, une jeune femme inconnue, et familière à la fois. De pertes en rencontres, des plages de l’Atlantique à la Toscane et Amsterdam, et jusque dans une gare abandonnée des Hautes Pyrénées, elles affrontent leur secret commun, les trompe-l’œil de l’image et les feintes de la mémoire, les horreurs du siècle et leur propre histoire de femmes. A la recherche d’un bourreau de la guerre d’Espagne, la narratrice mène une enquête qui en cache une autre, et le calepin d’un vieux comptable l’enseigne moins que sa propre énigme, tant il est vrai que nous nous connaissons déjà.

 


Les mal famées

Roman
Août 2000, Ed Actes-Sud, Collection Un endroit où aller, dirigée par Hubert Nyssen,
213 pages
Prix Marguerite-Audoux, 2000
Babel 557, 2005

Lise est très jeune et Marie déjà bien vieille mais, cet hiver-là, sous les bombes de la guerre, elles se rencontrent et s’adoptent ; la mère de la fille n’est pas celle qu’on croit. Dans la petite maison d’angle de l’impasse qu’elles ont élue pour y vivre ensemble, la couturière en gilets et la cuisinière cordon bleu, toutes deux employées de maison bourgeoise, allient leur solitude et leur détresse semblables, pour s’en sortir, disent-elles… Mais se sortir de quoi quand on n’a rien, mêmement orphelines et fiancées de fantômes, ni une chambre à soi, ni droit à revendiquer, pas même la parole ? Il neige quand se présente un soir, dans le quartier évacué, un fugitif qui leur confie un colis encombrant, quand la brocanteuse leur met sur les bras une petite fille sauvée d’une rafle, tandis que rôde un facteur de mort…

 


L’amour de loin

Image,
Janvier 1998,
Ed Actes-Sud, Collection Un endroit où aller, dirigée par Hubert Nyssen
60 pages

Lise est très jeune et Marie déjà bien vieille mais, cet hiver-là, sous les bombes de la guerre, elles se rencontrent et s’adoptent ; la mère de la fille n’est pas celle qu’on croit. Dans la petite maison d’angle de l’impasse qu’elles ont élue pour y vivre ensemble, la couturière en gilets et la cuisinière cordon bleu, toutes deux employées de maison bourgeoise, allient leur solitude et leur détresse semblables, pour s’en sortir, disent-elles… Mais se sortir de quoi quand on n’a rien, mêmement orphelines et fiancées de fantômes, ni une chambre à soi, ni droit à revendiquer, pas même la parole ? Il neige quand se présente un soir, dans le quartier évacué, un fugitif qui leur confie un colis encombrant, quand la brocanteuse leur met sur les bras une petite fille sauvée d’une rafle, tandis que rôde un facteur de mort…

 


Istvan arrive par le train du soir

Roman
Avril 1999,
Editions d Seuil, Collection Fiction & Cie, dirigée par Denis Roche,
Prix Thyde-Monnier, SGDL 1999
202 pages.

Joseph aime Odile, il aime Istvan, son ami de jeunesse, il aime aussi Christine, et Alicia, une fille étonnante, spécialiste du magdalénien, et aussi sa tante Emma. Il aime observer son jardin, à la jumelle ou à l’œil nu, il aime être nu. Mais voici qu’il y a un mort depuis huit jours dans le jardin, près du clapier à lapins.
Odile est absente, et ce week-end Istvan arrive de Budapest, par le train du soir. Alors Joseph se demande où est l’anomalie, quel couteau il a perdu, quelle femme le guette aux Galeries Lafayette. Il se demande pourquoi Istvan, son meilleur ami, file nuitamment un homme dangereux sur les quais de la Seine ; s’il a vraiment reconnu Alicia dans un peep show de Milan ; pourquoi il garde dans ses poches la photo d’une femme nue en posture acrobatique, du sable dans une boîte, un ticket de consigne de la gare de l’Est. Enfin Joseph voudrait savoir quelque chose. Mais on apprend toujours trop tard qu’il aurait fallu ne pas entendre, ne pas voir. Et nous visons avec les ombres, avec les fantômes.

 


Dans la pente du toit

Récit
Janvier 1998, Edition du Seuil, Collection Fiction & Cie, dirigée par Denis Roche,
185 pages

 

Cette chose si délicatement ordinaire et cruelle qu’est l’expérience de la mort, comment la dire, comment l’écrire ? Comment lui trouver un traitement approprié quand aucun traitement, précisément, n’a pu s’appliquer à mon père ni à ma sœur, morts tous deux à quelques semaines d’intervalle, de mort lente ? Comment collecter sans vomir cette langue noire de la mémoire, ce mal ?
J’ai pensé à Bohumil Hrabal juché sur son toit au soleil de Prague, assis sur la chaise aux pieds sciés, il écrit en équilibre instable, et soudain cet hiver il est mort, il est tombé du toit. Et ça m’a fait peur, car tout ce que je croyais impossible perdu enfoui, gravement détérioré vraiment incinéré massacré s’est mis à crier, crier.
Comment se remettre d’aplomb chaque matin, comment tuer la peur ?
Comment tuer la peur, je me le demande.

 


Photos de familles

Essai sur la photo d’anonymes
1994, Ed du Seuil, Collection Fiction & Cie, dirigée par Denis Roche,
256 pages

Dans chaque maison, il y a au moins un livre, un roman : l’album des photographies de famille.

Ces photos d’anonymes, ces images sans qualité, je les collecte depuis longtemps, je les aime, elles m’émeuvent. Elles ont fini par constituer mon album imaginaire, aux visages inconnus et familiers. Elles m’ont instruite sur ce que je cherche en écrivant, un certain rapport au monde et à sa représentation. Je voudrais que ce livre éclaire. Qu’il dise quelle lumière peut nous venir de ces images de rien, de ce roman de la vie ordinaire. Je voudrais que ce livre se consulte comme une traversée des apparences, qu’il fasse entendre les voix silencieuses, le langage d’ombre et de lumière qui vient de la photographie.
Mon livre commence avec le portrait d’une centenaire dont les yeux ont vu le XIXème siècle. Nuage atmosphérique, nébuleuse atomique. Nuage du grain argentique. De la centenaire au nuage, j’ai voulu écrire l’histoire de nos chambres noires.

 


Merle

Roman
Janvier 1996, Ed du Seuil, 
Point Seuil, 621
239 pages

Traduction : Turc, Karatavuk, édition Telos, 1997

Elle a pour surnom Merle, elle est monteuse de cinéma. Elle coupe et colle des séquences pour parvenir à un montage ordonné des images : elle aimerait bien que sa vie soit de même, qu’elle ait un sens : une ligne générale, comme le professe Bastiao, le cinéaste brésilien qui veut rendre vie à un étrange film muet venu d’Amazonie, où pose une femme morte… Mais la vie n’est que faux raccords, collisions d’histoires disparates sur les écrans nocturnes de sa table de montage. Alors elle court du centre à la périphérie, des rues de Paris aux banlieues, mais ni son amie Rachel, pas plus que Ben, son ex-mari, ni sa sœur Joyce, ni son ami Chaplain ne lui donnent la solution, qu’elle trouve seule chez un coiffeur d’occasion, et peut-être dans le tableau du Songe de Saint Ursule, dans cette chambre où pénètre un ange…

 


Aden

Roman
Sept 1992, Ed du Seuil,
235 pages

Prix Femina, 1992
Prix renaudot des lycéens, 1992
Editions Corps 16, 1993
Points Seuil, R642, 1994, réédité P 1606, 2007.

Traductions :
Espagnol, Aden, Norma Lumen, Femenino Singular, 1996
Danois, Aden, Ed Gyldendal, 1995
Norvégien, Aden, Gyldendal, 1995

Aden Seliani est entré par effraction dans la mémoire d’un cerveau informatique, dont le langage le tient hors de portée de lui-même. Mais une circonstance accidentelle l’oblige au retour longtemps différé à son passé. Fils d’immigré d’Europe de l’Est, il revient à la banlieue de son enfance où se meurt Iana sa mère ; trois jours et nuit de déplacements urbains anarchiques lui font franchir les frontières intérieures que nul ne franchit sans risques. De Kerin, sa femme irlandaise à Owen à son boss américain, de Otar, le fantôme du père, à Li Song, réfugiée vietnamienne, à son vieux professeur de collège qui rôde dans les gares, il n’a d’autres témoins de sa conscience éclatée, ni d’autre ailleurs à espérer que lui-même. Sauf à explorer les atteintes de la mémoire et leur corollaire, le refus de l’Histoire, et à retrouver un langage humain qui lui permette de s’adopter, enfant du siècle.

 


Chambre noire

Roman
Sept 1990 Ed Flammarion,
262 pages

Prix Alain-Fournier, 1991
Avril 2008, Babel

Traduction :
Danois, Gyldendal, Morkekammer, 1993

Milena trouve, dans la maison familiale de Jorge Marechal, des photos étranges, prises par un jeune mort de la guerre de 1914. Parce qu’elle est photographe, elle déchiffre leur secret et, avec lui, celui d’un siècle d’histoire familiale : l’aïeule, Constance, qu’une rencontre d’enfance au bord d’une allée à vouée à la folie ; son époux, pharmacien voyageur halluciné et son équivoque ami, aventurier criminel ; son fils trop aimé et la sœur de celui-ci, Madeleine, dernier témoin vivant ; mais aussi les sombres épisodes d’une rafle en 1944 dont Terence Becker, le survivant, hante la mémoire de Jorge, jusque dans les rues de Lisbonne… De l’empreinte des guerres du siècle nul n’est indemne, elle continue de corroder la mémoire en chambre noire, et Milena en Mélanie s’inverse, cherche à la lumière des négatifs à comprendre sa propre histoire, jusqu’à ce jour d’avril 1986 qu’envahit le nuage de Tchernobyl…

 


Le Monarque égaré

Roman
Août1989, Ed Flammarion, 230 pages
Point-Seuil, P205, 1996

Une expédition dans une île du Grand Nord canadien, sur la piste du Monarque, fabuleux papillon migrateur, conduit Thomas, un entomologiste de 40 ans, à vivre une épreuve qui provoque en lui une surprenante mutation : en une saison, il est devenu énorme, métamorphosé et comblé par l’ampleur formidable de son corps. En Ile de France, dans la propriété familiale aux maisons jumelles, il retrouve pour un été les quatre générations de femmes de sa famille : l’aïeule Bonne maman, sa mère Louise, et Looa, toutes deux veuves de son père, capitaine au long cours et bigame mélancolique, sa demi-sœur Elisabeth et son amie inséparable, Charlie, et la troupe de leurs petites filles, dont la dernière née, mutique… Dans le champ clos de cette cohabitation que l’été exaspère de sensations et visions, tel les Monarques égarés qui retrouvent d’instinct leur route d’origine, il achève sa mue, fils et jumeau de lui-même, sous une pluie d’étoiles.

 


L’insomniaque

Roman
Août 1987, Ed Flammarion, 233 pages

Prix François-Mauriac, 1987
Babel 440, 2000

A Ravenne, un instant aveuglé par la lumière d’été, Simon Fernet croit assister à la disparition de sa jeune femme, Clémence. Dès lors privé de sommeil, il va d’une ville à l’autre, rassemblant les bribes d’un passé qui ne passe pas, aussi morcelé par la mauvaise mémoire que les mosaïques éblouissantes du tombeau de Galla Placidia, ce ciel constellé d’étoiles dont l’unité apparente avertit de l’illusion. Qui sont ses enfants, et ce frère ennemi, qui est vraiment Clémence, quel but Fernet poursuit-il, linguiste qui n’a pour plus pour recours désormais que le soliloque nocturne ? Au rendez-vous d’avec lui-même, à Rimini, il trouve la réponse à sa hantise de la perte…

 


Voie non classée

Roman
Sept 1985, Ed Flammarion,
252 pages

Une petite fille, Camille, grandit dans l’impasse de son enfance, une voie non classée oubliée du cadastre, dans le quartier reculé d’un grand port, parmi les traces de la guerre… Qui lui rendra raison de sa sœur perdue, sa jumelle morte de naissance ? Elle observe ses voisins, de toutes les fenêtres se croisent des points de vue offrant en mosaïque les fragments de destinées secrètes. Un soir d’hiver, le petit Miklos a disparu… Une bagarre devant l’épicerie… Et le corps nu d’Anna Kreuzer, venue de loin, que l’amour a déserté. Dans la chaleur écrasante de l’été, en compagnie de la vieille Silvère, Camille opère sa mue, impatiente des initiations qui baptisent à l’existence.

 


L’Homme de Blaye

Roman
Fev 1984, Ed Flammarion,
222 pages

L’été passe mal ; un matin son corps porte d’étranges marques ; Hélène l’a quitté, il passe ses nuits à revisiter le Songe de Sainte Ursule, un tableau de Carpaccio qu’il interroge à la loupe… Etienne Sylvestre entreprend alors un retour incertain vers sa ville natale, Blaye-sur-Gironde… Il y rencontre France, une femme qui lui raconte des histoires, la sienne, celle de son père oublié, peut-être mort d’amour dans la vase des berges, et celle de Jaufré Rudel, le poète qui partit en croisade chercher l’amour de loin, dont la beauté hante l’estuaire de la Gironde, et son horizon perdu.
Etienne est photographe, mais le grain des images comme le sable disperse la réalité, et la mort aura pour lui le visage de l’ange qui joue du couteau, la nuit, dans les rues désertes de la petite ville de Province.