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Actualités

Le Grand Nord-Ouest

Roman,
Parution le 22 août 2018, Actes-Sud
320 pages

Quand j’ai commencé à écrire ce roman, j’ignorais dans quelle cavale se lance Lorna del Rio la flibustière au volant de sa Dodge cabossée. D’elle, je ne sais rien encore, sauf la direction qu’elle prend, ça j’en suis sûre : celle du grand Far-West alaskien et canadien…

Moi, j’ai plutôt six ans, comme la petite Jessie qu’elle embarque dans sa fuite le lendemain de son anniversaire sur la plage de Santa Monica, où son père Oswald Campbell, le maquignon de cinéma, vient de se noyer.

Ou plutôt, je suis Bud Cooper qui l’écoute quinze ans plus tard raconter ce qui est lui arrivé avec sa mère à la poursuite d’un trésor ou d’un mirage d’enfance sur les pistes forestières et comment, petite soeur du Kid ou jumelle de Little Orphan Annie, elle est devenue Nez de renard, puis Qui donne ses dents, et puis Njyah avec Herman l’Indien taciturne et Kaska, une gwinch’in en exil, jusqu’à rencontrer la tribu tutchone d’Äyèsh’i Män – de qui je n’ai aucune idée.

Bien sûr que si, j’en sais quelque chose ! Depuis le temps que je dévore récits, romans, films, et ouvrages sur les peuples nord-amérindiens, potlatchs et totems, Compagnies de traite de peaux et fourrures avec coureurs de bois, chercheurs d’or et trappeurs en traîneaux de chiens, et dernières frontières … Toute fiction étant peu ou prou autobiographie de son auteur, j’aurais pu me demander ce qui me prenait soudain d’écrire un western, d’enfourcher ce genre typiquement masculin. Justement, voyons de quoi il retourne… Car il se trouve que je suis allée voir par là-bas ces contrées après avoir écrit La source, dont ce roman n’est pas la « suite », plutôt la résurgence, manière de mieux approcher l’altérité de ce monde, et cette fois écouter la voix des ombres et des esprits, des âmes sauvages qui viennent parfois dans nos rêves nous parler de nos vies antérieures de mille fois mille ans.

La Source

Roman,
Parution 19 août 2015, Actes-Sud
380 pages

Le point de vue des éditeurs

Venue au Mauduit, petit village de Franche-Comté, au motif officiel d’obtenir de la mairie l’autorisation, pour ses étudiants en sociologie, de consulter les archives communales de cette si banale petite bourgade française, la narratrice, hantée par la sombre énigme de son propre passé familial, ignore qu’elle va y faire une rencontre décisive en la personne de Lottie, solide et intimidante nonagénaire, désormais seule occupante de la vaste demeure des Ardenne, construction aussi baroque qu’extravagante édifiée sur des terres de mauvaise assise dans un méandre de la rivière qui coule en contrebas du bourg.
Soir après soir, la vieille dame qui, faute d’hôtel au village, accepte de loger la visiteuse, dévide pour elle l’histoire du domaine où elle est entrée comme bonne d’enfant à l’orée du xxe siècle. Mais faut-il la croire sur parole, elle qui dit n’être que la récitante des fantômes qui ont jadis habité ces murs, ou sont partis vers l’Afrique, le Tonkin ou les forêts du Yukon ? Et que faire du récit de cette conteuse acharnée qui, sans avoir jamais quitté sa campagne, rêve peut-être à haute voix quelque exotique roman de la filiation dont elle contraint la narratrice à devenir la dépositaire ?
Où les histoires prennent-elles source et où vont-elles une fois racontées ? La narratrice, écoutant la vieille Lottie, devine-t-elle en quoi celle-ci va éclairer son propre destin ?
Car les récits ni les contes ne sont d’inoffensives machines et leurs puissants sortilèges s’entendent à recomposer jusqu’à la matière même du temps.

Amours de loin, Images

Actes-Sud Babel
Septembre 2015

Trois textes courts en forme de dialogue L’Amour de loin, Image (1998), La rotonde, Panorama (2004) et Hongrie, Blason (2009) parus dans la collection « Un endroit où aller » sont réunis dans ce volume.

Avant que nous ne nous endormions, je veux te raconter quelque chose à quoi je viens de penser soudain…

 Vite, avant que nous ne nous réveillions, avant que, propulsée à la vitesse des balistiques, la balle du fusil ne quitte son âme et n’atteigne sa cible (ou plutôt sa destination), je dois te dire cette image panoramique…

 Avant que nous ne nous quittions, marchons un peu sur ce chemin jusqu’à l’arbre là-bas et d’ici-là, dis-moi : pourquoi la Hongrie ?

 La conversation démarre la nuit, au bord du sommeil dans un lit, ou par une aube d’été sur un sentier d’Italie entre vignes et oliviers. Elle part de presque rien, d’un souvenir, d’un paysage, d’une question anodine et se déploie en un voyage intérieur sur les chemins mystérieux de l’imaginaire, du temps et de l’espace.

Quelle magie exercent sur nos affinités les mots, les images ? Quels liens secrets entretiennent-ils entre eux, et avec notre mémoire ?

Ce triptyque en forme d’art poétique rend un hommage ardent aux forces vives de la création et à l’émotion renouvelée des enchantements.