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Romans et essais

Aden

Roman
Sept 1992, Ed du Seuil,
235 pages

Prix Femina, 1992
Prix renaudot des lycéens, 1992
Editions Corps 16, 1993
Points Seuil, R642, 1994, réédité P 1606, 2007.

Traductions :
Espagnol, Aden, Norma Lumen, Femenino Singular, 1996
Danois, Aden, Ed Gyldendal, 1995
Norvégien, Aden, Gyldendal, 1995

 

 

Aden Seliani est entré par effraction dans la mémoire d’un cerveau informatique, dont le langage le tient hors de portée de lui-même. Mais une circonstance accidentelle l’oblige au retour longtemps différé à son passé. Fils d’immigré d’Europe de l’Est, il revient à la banlieue de son enfance où se meurt Iana sa mère ; trois jours et nuit de déplacements urbains anarchiques lui font franchir les frontières intérieures que nul ne franchit sans risques. De Kerin, sa femme irlandaise à Owen à son boss américain, de Otar, le fantôme du père, à Li Song, réfugiée vietnamienne, à son vieux professeur de collège qui rôde dans les gares, il n’a d’autres témoins de sa conscience éclatée, ni d’autre ailleurs à espérer que lui-même. Sauf à explorer les atteintes de la mémoire et leur corollaire, le refus de l’Histoire, et à retrouver un langage humain qui lui permette de s’adopter, enfant du siècle.

Premières lignes

Une ville au loin ressemble au futur. A un souvenir de peur enfantine arrêtée dans le cri. Elle est une configuration voisine du nuage, aussi instable et confuse qu’un rêve de catastrophe ,aussi hostile et désolée. Dans la masse brumeuse du petit matin, on ne voyait que toits concassés, scintillement de ruines en flaques froides d’où émergeaient par places monuments et dômes isolés, frange irréelle effondrée à l’horizon entre le ciel métallique et le floconneux tissu de grisaille, de même que, sous le souffle qui suit l’explosion, s’élève le silencieux nuage des décombres. C’était Paris.

Extraits de presse

C’est sans aucun doute le livre le plus grave, le plus bouleversant dans sa pudeur jamais écrit sur l’incapacité d’un homme à aimer, sur son sentiment profond d’étrangeté à soi-même et aux autres , infirmité psychique qui n’est pas sans nos rappeler par certains aspects, l’univers mental des héros de Carson Mc Cullers.
Jean-Baptiste Mauroux, La liberté de Fribourg, 15/11/92

Son dernier roman, Aden, est d’abord un roman de notre temps,. Il met en mouvement un personnage aux prises avec ce que la condition humaine contemporaine permet et sanctionne à la fois. Un sorte de renversement des lois de réussite sociale, ou peut-être doit-on dire : le prix à payer pour quitter la planète (de son enfance, sa famille, son identité) et passer de l’autre côté de l’écran, là où la mémoire se divise, se choisit son passé, se construit un avenir.
André Brincourt, Figaro littéraire, 12/10/1992

Remonter sa propre mémoire pour en violer les verrous, c’est comme explorer le cerveau froid d’un ordinateur qui n’est pas passible d’oubli. Plus austère, plus aride que L’Insomniaque ou Chambre noire, Aden est un roman de quête, l’œuvre noire d’un vrai écrivain.
Michèle Gazier, Télérama, 16/09/1999

Après cette descente dans les bas-fonds, Anne-Marie Garat remonte vers le lecteur en brasse coulée tout en subtilités. L’écriture, belle et profonde, est superbe. Elle annonce à n’en pas douter une œuvre véritable.
Valérie Marchand, La Croix, 14/09/1992

Prenez la question des origines. Ne l’appliquez pas au paumé de base mais à un cadre supérieur émigré de la deuxième génération. Vous obtiendrez Aden… Roman choc !
Daniel Martin, La Montagne, 10/ 1999

Voici un livre puissant, lourd des incertitudes et des déceptions de cette fin du 20ème siècle. (…) A ce sujet, grave et si actuel, Anne-Marie Garat donne une vie étonnante où la femme d’images qu’elle est multiplie avec un vertige de mots les saisissants gros plans des êtres et les étonnants travellings sur le décor dévastateur d’une banlieue qui ressemble à notre pauvre terre.
Michel Caffier, L’Est républicain, 15/10/1992

Ce beau roman de l’exil de soi fait le triste constat de nos égoïsmes, de nos prisons – et souligne la fragilité d’un monde dévoré de ses trous de mémoire où il faut d’urgence réapprendre à aimer.
Olympia Alberti, Nice-Matin, 11/10/1992

Ce roman est superbe, écrit avec une précision qui ne se relâche pas. Ni esbroufe ni complaisance. Un langage nu et pétri d’humanité.
Mireille Audema, Midi Libre, 18/10/1992

Avec Aden, son dernier livre, Anne-Marie Garat a écrit l’un des plus beaux romans sur l’exil. (…) Aden est en effet un roman dont l’intimisme est totalement assujetti à ces bouleversements du monde et brassages de peuples qui constituent la toile de fond de notre époque.
Monique Verdhussen, Libre Belgique, 22/10/1999

Aden est d’abord prétexte à une somptueuse archéologie de la mémoire humaine, ce désert minéral où dorment « des pierres mortes depuis des millénaires ».
Jean-Louis Ezine, Le nouvel Observateur, 10/11/1992