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Romans et essais

Chambre noire

Roman
Sept 1990 Ed Flammarion,
262 pages

Prix Alain-Fournier, 1991
Avril 2008, Babel

Traductions :
Danois, Gyldendal, Morkekammer, 1993

 

Milena trouve, dans la maison familiale de Jorge Marechal, des photos étranges, prises par un jeune mort de la guerre de 1914. Parce qu’elle est photographe, elle déchiffre leur secret et, avec lui, celui d’un siècle d’histoire familiale : l’aïeule, Constance, qu’une rencontre d’enfance au bord d’une allée à vouée à la folie ; son époux, pharmacien voyageur halluciné et son équivoque ami, aventurier criminel ; son fils trop aimé et la sœur de celui-ci, Madeleine, dernier témoin vivant ; mais aussi les sombres épisodes d’une rafle en 1944 dont Terence Becker, le survivant, hante la mémoire de Jorge, jusque dans les rues de Lisbonne… De l’empreinte des guerres du siècle nul n’est indemne, elle continue de corroder la mémoire en chambre noire, et Milena en Mélanie s’inverse, cherche à la lumière des négatifs à comprendre sa propre histoire, jusqu’à ce jour d’avril 1986 qu’envahit le nuage de Tchernobyl…Premiers et derniers mots des chapitres

Le paysage de son silence
Et ne voir rien de pus
Ni jugé ni combattu
Le cercle de lumière
Le paysage vert
La guerre
La réserve d’obscurité
Il n’ira pas plus loin
L’histoire mieux que nous
Rien, dit Milena
Son dessin de fleur noire
Cette douleur sans ressemblance
Un paysage trop grand pour lui
Une nature morte
Avant l’obscurité

Extraits de presse

Nous entrons certes dans un univers magique. Anne-Marie Garat joue de ses pouvoirs de l’écriture et d’évocation. Sa prose se fait poésie sans perdre aucune justesse expressive. (…) Son secret, c’est qu’elle a des yeux de chat. C’est une romancière nyctalope.
André Brincourt, Figaro littéraire, 24/09/90

Là est le propos, profond et pur. Une certaine magie marque ces pages, drues, précises, méticuleuses, capables de raccourcis on ne peut plus efficaces dans leur incantation saccadée.
Alain Bosquet, Le Quotidien de Paris, 03/10/1990

Ici l’image règne. Non pas la métaphore, mais celle qui, tout à la fois solaire et crépusculaire, inscrit sur la rétine ses jeux d’ombre et de lumière. Cette Chambre noire, c’est en fait un énorme Kodack gigogne où s’emboîtent les lieux, la vie, la vision et la mémoire de personnages dont on ne sait plus au juste s’ils sont les preneurs de vue ou les sujets du portrait.
Vif-L’Express, 09/11/1990

Dans la juxtaposition de ces détails, de ces images, qui n’est jamais fouillis mais lent décryptement d’une réalité fuyante, Anne-Marie Garat montre, avec une maîtrise désormais presque parfaite, des existences menacées par la dilution, l’éparpillement, l’effritement, la solution de continuité.
Josyane Savigeau, Le Monde des Livres, 21/09/1990

Autant dire qu’il s’agit de la littérature la plus exigeante. Précis et déroutant, il oppose, dans un style parfois admirable de modestie, d’exactitude et donc de poésie, l’opacité de la vie à la volonté éperdue de ses héros d’y chercher quelque consolante lumière.
Frédéric Vitoux, Le nouvel Observateur, 25/10/1990

Le livre d’Anne-Marie Garat s’inscrit avec une originalité qui en fait le prix dans ce mouvement de réflexion du roman d’aujourd’hui qui témoigne de ce qu’on pourrait appeler « le retour à l’Histoire ».
Claude Prévost, L’Humanité, 29/09/1990