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Romans et essais

L’enfant des ténèbres

roman
Trilogie “ Une traversée du siècle ”
Avril 2008, Editions Actes-Sud, 648 pages

 

1933-1934… Après le désastre de la Grande guerre, un crépuscule tragique s’annonce, dont peu anticipent les menaces… Vingt ans ont passé depuis Dans la main du diable et Camille Galay, la petite Millie d’alors, débarquée de New York, erre dans Paris, la ville de son enfance, hantée par la mort de son ami Jos, un photographe hongrois qu’elle a suivi jusqu’en Alabama, et à qui elle a promis de rapporter à Budapest un certain étui de cuir rouge…
De toute l’Europe convergent des personnages qui s’ignorent encore, bientôt emportés, sous le double sceau de l’amour et du crime, dans une même aventure qui a pour théâtre les villes modernes, sur les murs desquels revenants et spectres projettent leurs ombres fantastiques. Dans les chancelleries, dans les gares aussi bien que dans les plus luxueux palaces ; au bord du lac de Constance ou de Genève, en Toscane, dans un immeuble ouvrier de Berlin, dans une maison abandonnée des Fagnes de Belgique, jusque dans le grenier de la demeure ancestrale du Mesnil, dans ses bois d’automne, c’est une chasse à l’homme qui s’engage.
Car il y a un petit bureau des morts dans l’horreur de la guerre, où chacun a rendez-vous avec soi, avec l’Histoire. Il y a un pont à traverser pour affronter les fantômes du passé, et ceux du présent, pour apprendre que fictions du réel et cauchemars ont une réalité, dont chacun doit être témoin. Enfants des ténèbres, les monstres n’ont peut-être pour visage que celui du plus familier, du plus anonyme des êtres…
Après Dans la main du diable, Anne-Marie Garat poursuit, avec L’Enfant des ténèbres, une ambitieuse traversée du siècle, confrontant tourments individuels et destinées sentimentales à la rémanence du Mal, dont elle questionne l’inscription dans le temps long de l’Histoire.Premières lignes

Virginia Woolf sortit à cinq heures. A l’instant, l’averse cessa. Plus une goutte, vraiment, cela tenait de l’intervention divine ; si étonnant, si ravissant qu’Elise eut à l’esprit une action de grâce. Longtemps elle était restée sur le trottoir d’en face, guettant la porte de la Hogarth Press… Sans impatience, sans même regarder l’heure à sa montre : cela offense le temps. Cela distrait de l’attente et déprécie son dessein, dont l’indécision fait le charme. Derrière les vitres embuées, elle voyait s’agiter de grandes ombres sous les lampes ; des typographes occupés au marbre, des employés à la casse ou de jeunes auteurs venus porter leur manuscrit ; peut-être parmi eux l’éditeur Léonard Woolf lui-même ? Le soir venait. Aux étages, les bureaux des avocats Dollman et Pritchard étaient éclairés. Mais là-haut, vitres noires, c’est donc que personne ne se tenait dans les appartements, qu’il n’y avait ce jour-là ni visite ni réunion privée : alors Mrs Woolf serait bien dans son antre, au fond du couloir, son bloc-notes sur les genoux, sa petite machine à écrire à côté d’elle.

Extraits de presse

A priori donc, rien d’emblée ne semble réunir une jeune fille en quête d’identité aux allures de Lee Miller, une styliste de mode sans scrupules, une libraire aux faux airs d’Adrienne Monnier ou un espion séducteur et chasseur dans l’âme. Si ce n’est la remarquable dextérité d’une romancière qui sait, dans une langue somptueuse, tisser finement ces destins dans un entrelacs d’intrigues politico-sentimentales et de chassés-croisés impitoyables. Et avec eux entraîner ses lecteurs dans un tourbillon romanesque étourdissant. Du grand art.
Christine Rousseau, Le Monde des Livres, 19 avril 2008L’exigence de liberté portée par les livres de Virginia Woolf accompagne ces femmes au fil des multiples rebondissements de ce roman ébouriffant et jusqu’à leur disparition dans ces brumes où l’on ne voit plus la rive qu’on quitte ni celle vers laquelle on va.
Aliette Armel, Magazine littéraire, avril 2008Des vies en cinémascope, du souffle et de l’ambition à revendre, des références à la pelle, Anne-Marie Garat poursuit son étourdissante saga sur fond des années trente (…) L’auteur a opté pour une construction plus éclatée, cherchant à dessein à multiplier les personnages et les lieux avant d’assembler toutes les pièces de son puzzle.
Alexandre Fillon, Madame Figaro, 5 avril 2008

Anne-Marie Garat réinvente le mélodrame, dépoussière le roman historique, réactive le feuilleton. (…) L’auteur soigne le détail sans se noyer dans la documentation. L’Enfant des ténèbres sait nous parler à la fois de destins individuels et d’ambitions collectives, de police secrète et de trains de la mort, de forêts automnales et de tristes nuits du chasseur.
Christine Ferniot, Télérama, 9 avril 2008

Anne-Marie Garat poursuit d’une écriture étincelante une longue et tumultueuse traversée du siècle, ponctuée de tourments, de drames, d’amours et de passions. Un grand souffle romanesque balaye ce grand livre.
Contact, magazine Fnac, avril 2008

Roman polyphonique au cœur d’une Europe en proie aux pogroms, la suite de Dans la main du diable épouse les convulsions d’un siècle (…) L’exécution d’un agent nazi et sous fifres dans les Alpes suisses est un morceau magistral.
Patrick Grainville, Figaro littéraire, 10 avril 2008


Une traversée du siècle, trilogie romanesque

    

Ces trois volumes, s’ils peuvent être lus séparément, constituent un seul et même roman qui, embrassant le vingtième siècle, débute en 1913, un jour d’automne au jardin du Luxembourg, et s’y achève, un jour semblable en septembre 2010 …