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Romans et essais

L’insomniaque

Roman
Août 1987, Ed Flammarion, 233 pages


Prix François-Mauriac, 1987
Babel 440, 2000A Ravenne, un instant aveuglé par la lumière d’été, Simon Fernet croit assister à la disparition de sa jeune femme, Clémence. Dès lors privé de sommeil, il va d’une ville à l’autre, rassemblant les bribes d’un passé qui ne passe pas, aussi morcelé par la mauvaise mémoire que les mosaïques éblouissantes du tombeau de Galla Placidia, ce ciel constellé d’étoiles dont l’unité apparente avertit de l’illusion. Qui sont ses enfants, et ce frère ennemi, qui est vraiment Clémence, quel but Fernet poursuit-il, linguiste qui n’a pour plus pour recours désormais que le soliloque nocturne ? Au rendez-vous d’avec lui-même, à Rimini, il trouve la réponse à sa hantise de la perte…Premières lignesLa pluie s’était mise à tomber sur le lac. Il l’avait vue commencer à danser, virevolter, légère comme un voile de sable blanc dans le halo d’un réverbère. Puis elle était devenue plus dense, nerveuse, filante. Pourtant, il la sentait à peine sur son visage…Extraits de presse

Tout l’univers d’Anne-Marie Garat naît d’une hyperesthésie, d’une capacité d’écoute au bord de l’abîme, de stupeur flottante, au contact des ténèbres et de l’éblouissement. Son art est à la fois un pinceau qui dessine le contour précis des choses et une manière poreuse de se laisser envahir par elles. Toutefois ce n’est pas l’unité profonde et religieuse de l’univers qui émerge de la contemplation mais l’écartèlement du chaos. Attention ! le roman d’Anne-Marie Garat n’est pas un machin schizoïde, foutoir de la folie. Rien n’est plus construit, méticuleux, plus présent, plus sensuel que cette prose.
Patrick Grainville, Le Figaro littéraire, 26/10/1987

Rares sont les écrivains qui, comme elle, parviennent d’emblée à nous faire voyager entre les lignes, à nous mener si doucement , si sûrement, jusqu’à ce fond bien caché mais permanent, d’incohérence et de destruction sur lequel s’érige l’apparence ordinaire et policée de nos vies.
Jean-Baptiste Michel ; L’Express, 05/11/1987

Tel est le travail de la mémoire. Tel aussi le travail de l’artiste, de l’écrivain qui fait surgir du néant ou du gouffre des figures de pure beauté.
Michèle Gazier, Télérama, 28/10/1987